LES Inondations

Penser globalement, agir localement !!!!!!

Qu’est-ce qu’une inondation?

C’est une submersion par des eaux douces ou salées d’un territoire généralement hors d’eau. Cette submersion peut se faire lentement ou brutalement avec une fréquence de retour de l’événement variable (crue biennale, décennale, vicennale, centennale…).

Par l’augmentation de la quantité d’eau s’écoulant au sein du cours d’eau, il s’agit, de la sortie de la rivière de son lit vers le lit majeur (fond de vallée).

Selon la référence de la crue, la surface concernée sera plus ou moins importante avec une hauteur d’eau plus ou moins grande.

Inondation sur Brionne, mars 2001

Les types d’inondations

Inondations de plaine : la rivière sort de son lit mineur lentement et peut inonder la plaine pendant une période relativement longue (cas de la crue de 1910 à Paris).

Inondations par remontée de nappe : lorsque le sol est saturé d’eau, il arrive que la nappe affleure et qu’une inondation spontanée se produise. Ce phénomène concerne particulièrement les terrains bas ou mal drainés et peut perdurer (cas des inondations de la Somme, avril 2001)

Inondations par crue torrentielle : lors de précipitations intenses (exemple : orages) les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans le cours d’eau, est entraîne des crues brutales et violentes (cas des inondations de Vaison-la-Romaine, septembre 1992)

Inondations par ruissellement :  l’urbanisation mais aussi certaines pratiques agricole limite la capacité d’infiltration des sols et accentue le ruissellement. En zone urbaine ou péri-urbaine cela occasionne souvent le débordement du réseau d’assainissement des eaux pluviales. En zone rurale, le risque de coulée de boueuse est accrût.

Inondations par submersion marine : inondations temporaires de la zone côtière par les eaux d’origine marine. Leur origine est liée à une élévation temporaire du niveau de la mer et à son état d’agitation. Plusieurs facteurs entrent en jeu : la marée, la pression atmosphérique, le vent et la houle (cas des inondations de la Faute-sur-Mer liées à la tempête Xynthia, février 2010)

Les inondations sont des phénomènes naturels qui peuvent être aggravées par l’ensemble des aménagements de l’homme sur un même territoire.

Quels autres facteurs influencent les inondations ?

Les inondations sont intimement liées à la pluviométrie (durée, intensité) et au ruissellement (transfert vers la rivière). Dans certaines régions, la fonte des neiges est également un élément important.

D’autres facteurs doivent être pris en compte dans l’aggravation des inondations :

  • La pente,
  • La nature du sol,
  • La saison,
  • L’occupation des sols (imperméabilisation, pratiques agricoles….),
  • La marée (pour les fleuves côtiers).

Risques et enjeux lies aux inondations

Le risque inondation représente le premier risque naturel en France engendrant de nombreux dégâts matériels voir des pertes humaines (que l’on peut que déplorer!).

Il faut savoir que le risque de crue provient de l’intensité des précipitations qui concerne un même bassin versant et de la gestion des eaux pluviales qui en est faite.

L’aménagement du territoire (urbanisation, imperméabilisation des sols, disparition des mares, des haies…) est donc un élément qui amplifie ce phénomène naturel (augmentant la vitesse de propagation, quantité d’eau ruisselante…).

Inondation sur Saint Philbert sur risle, mars 2001

Au fond de la vallée, la rivière, milieu récepteur de l’ensemble des eaux du bassin achemine celle-ci vers l’exutoire (= sortie). Lorsque la rivière ne peut plus contenir l’eau dans son lit naturel, on assiste alors à un débordement dans le lit majeur qu’il soit urbanisé ou naturel (plaine, champs, prairie, bois…).

Sur la rivière, il a été mis en évidence un colmatage du fond du lit (cailloux) par le limon arrachés aux sols agricoles, des apports d’intrants (pesticides, engrais) également provenant des parcelles cultivées.

Sur le bassin, ces modifications participent au déficit de recharge des nappes phréatiques (en limitant l’infiltration de l’eau dans le sol) et à l’apparition de pollution diffuse sur les captages d’eau potable (turbidité, pesticides) à travers les nombreuses connexions avec le karst (bétoires).

La ressource en eau tant sur la quantité que sur la qualité est directement liée par ce que nous faisons sur notre territoire.

 

prévenir et agir

Actuellement, il est impératif de prévenir le risque inondation par un suivi régulier des rivières de France par des documents d’urbanismes plus stricts par rapport à ce risque sans oublier toutefois, d’améliorer la gestion des eaux pluviales (le plus près possible de son point de contact avec le sol = gestion à la parcelle) que ce soit sur le plateau, le plus en amont, en zone urbaine, péri-urbaine ou agricole.

1/ Le plan de prévention des risques d’inondations (PPRI), outil d’aide à la gestion des inondations

Les objectifs du PPRI sont :

  • Améliorer la sécurité des personnes exposées à un risque d’inondation,
  • Limiter les dommages aux biens et aux activités soumis à un risque d’inondation ; en particulier en n’accroissant pas le nombre de personnes et de bien exposés au risque d’inondation,
  • Maintenir le libre écoulement et la capacité d’expansion des crues en préservant les milieux naturels.

Dans le PPRI, le RISQUE d’inondation est la combinaison de deux composantes :

– ALÉA : la probabilité qu’une inondation se produise.

– ENJEU : les conséquences négatives potentielles pour la santé humaine, l’environnement, le patrimoine culturel et l’activité économique associée à une inondation.

La vallée de la Risle possède 3 PPRI en vigueur.

  • Le PPRI de la Ville de Brionne approuvé le 27 mars 2002,
  • Le PPRI de Pont Audemer regroupant les communes de Pont Audemer, Manneville-sur-Risle et Corneville-sur-Risle approuvé le 19 septembre 2003,
  • Le PPRI du Val de Risle regroupant les communes de Grosley-sur- Risle, Beaumontel, Launay, Serquigny, Goupillères, Nassandres, Fontaine-la-Soret, Aclou, Authou, Freneuse-sur-Risle, Pont-Authou, Glos-sur-Risle, Saint-Philbert-sur-Risle, Montfort-sur-Risle, Condé-sur-Risle et Appeville-dit-Annebault, approuvé le 28 décembre 2006.

2/ Service d’information sur le risque de crues en France (VIGICRUE)

 Cliquez ci-dessous pour accéder au site de Vigicrue 
(suivi des cours d'eau 365/365j et 24/24h)

3/ Préservation des zones d’expansion de crue naturel et des zones humides dans le lit majeur de la rivière (protection direct par rapport aux zones urbanisées)

4/ Aménager le bassin versant

  • par des techniques d’hydrauliques douces (haie, mare, bande enherbée, noue enherbée, fascine de saule…) pour retenir, freiner, favoriser l’infiltration et lim

    Ruissellement sur le bassin de l’Andelle (Eure 27)

    iter le transfert du limon vers l’aval (gérer l’eau là où elle tombe),

  • par des techniques plus lourdes (bassin de stockage, d’orage avec débit de fuite).

5/ Modification des pratiques culturales (couverture du sol avec les CIPAN : moutarde, phacélie, luzerne, rotation des cultures, travail du sol, sens du labour, voir plus de labour avec la technique culturale simplifiée dit TCS, semis direct…) afin de permettre d’améliorer la capacité d’infiltration, redynamiser le sol, limiter l’apparition d’une croûte de battance

 

6/ Retrouver des sols vivants avec une activité biologique normale participe à une meilleure infiltration (rechargement des nappes phréatiques), à une meilleure rétention/stockage de l’eau (réserve d’eau disponible pour les plantes) et à une diminution du ruissellement et de l’érosion (désordres hydrauliques réduits).

Pour aller plus loin,

  • Dominique SOLTNER, l’arbre et la haie
  • Frédéric THOMAS, agriculteur spécialisé en agriculture de conservation
  • Lydia et Claude BOURGUIGNON sur la restauration des sols
  • Hervé COVES, Ingénieur agronome Chambre d’agriculture de la Corrèze sur la gestion holistiques des limaces