L’ARBRE

Anatomie de l’arbre

 

Chronologie

Transformation de l’arbre au fil des saisons

L’arbre se compose en 3 parties :

  1. les racines
    Elles assurent l’ancrage de l’arbre dans le sol et permet d’absorber l’eau et les sels minéraux contenus dans le sol. Le système racinaire favorise aussi l’infiltration de l’eau dans le sol en suintant le long des racines.

  2. le tronc ou fût
    Le tronc, partie cylindrique de l’arbre assure le transfert des substances nutritives (sève brute) vers les feuilles. Chaque année, le tronc grossit alors. L’épaisseur des cernes dépend des conditions de croissance de l’année (croissance forte ou faible). Le cerne annuel est déterminé par l’alternance du bois de printemps (couleur claire) et du bois d’été (couleur foncée). En hiver, l’arbre se met au repos : la croissance est stoppée.Chaque année, la croissance de l’arbre se réalise, donc, de manière cyclique directement rythmée par les saisons et concentrique de l’intérieur vers l’extérieur.

    Le saviez-vous ? Le nombre de cernes nous renseigne sur l’âge de l’arbre. Il suffit de les compter. Cette science s’appelle la dendrochronologie (datation du bois).

  3. la couronne ou le houppier (branches, rameaux, et feuilles)
    Le houppier porte les feuilles qui fabriquent la nourriture essentielle au développement de l’arbre par le phénomène de la photosynthèse, production de la matière organique (sève élaborée). En automne, les feuilles tombent au sol et constitue ainsi la litière. Cette matière organique sera assimilée à la terre par le travail des organismes vivants du sol (champignons, bactéries, décomposeurs, lombrics, mammifères, etc.).
    Source www.onf.fr

L’arbre participe au bon fonctionnement du sol et de sa qualité (fonction de rétention, d’infiltration, de stockage, biologique).

Les arbres de la ripisylve

La ripisylve correspond aux bandes boisées et herbacées situées le long des cours d’eau.

Les arbres (aulne, frêne, saule, peuplier noir…) bordant la rivière possèdent des fonctions essentielles à son bon fonctionnement :

  • Diversifier les habitats aquatiques (embâcles, système racinaire),
  • Protéger la qualité de l’eau (effet filtre latérale et longitudinal : des sédiments et des polluants),
  • Réguler la température de l’eau (éviter les surchauffes de la rivière),
  • Protéger les berges (maintien/stabilisation),
  • Support d’une vie terrestre (oiseaux, insecte, etc.),
  • Assurer une alimentation complémentaire pour des animaux aquatiques (feuilles mortes, chute d’insectes) ou contribuer à la construction de fourreau (maison de certains trichoptères),
  • Dissiper l’énergie et freiner l’écoulement lors des crues,
  • Elément intégrant l’écosystème aquatique.

Les arbres de la haie

Les arbres des haies assurent de nombreuses fonctions au même titre que celles de la ripisylve.

Globalement, les haies ont :

  • Une fonction de régulation climatique (brise vent, ombrage, etc.),
  • Une fonction de régulation hydraulique et de conservation du sol (maintien du sol, infiltration vers nappe améliorée, intensité des crues),
  • Une fonction de fertilisation des sols (recyclage des éléments lessivés : Ca, Mg, K, Na, oligo-éléments repris pas les racines et remis dans les feuilles),
  • Une fonction de biodiversité et d’équilibre des espèces (lieu de refuge, d’alimentation, de repos, de passage de nombreux oiseaux, d’insectes, de mammifères et de reptiles),
  • Une fonction productive (bois de chauffage, bois d’œuvre),
  • Une fonction d’amélioration du cadre de vie (milieu rural, bocage normand, haie champêtre, talus plantée, chemin creux, etc.) et modèle le paysage

Le sol et la rivière sont des milieux vivants, fragiles et complexes.

Quant à l’arbre, il est un des pilier essentiel à ces milieux, les structure et les protège.

l’art de tailler les arbres : les trognes

La trogne est un arbre taillé périodiquement à la même hauteur pour produire durablement du bois, du fourrage ou des fruits. Ce n’est pas l’essence de l’arbre qui fait la trogne mais sa taille régulière. Entre le têtard, où la coupe s’effectue principalement au sommet, et l’émonde, où elle a lieu surtout latéralement, il existe une multitude de combinaisons : une trogne peut avoir plusieurs têtes, plusieurs troncs, plusieurs bras… Après chaque recépage, surgissent des bourgeons latents qui donnent de nouveaux rameaux et des bourrelets de recouvrement se forment au niveau des branches coupées.

Au fil des recépages, la formation des bourrelets génère des replis et des boursouflures qui donnent aux trognes cette allure particulière. Cette pratique date de plus de 3000 ans. Si les cycles de taille sont réguliers et suffisamment rapprochés, la production de nouveaux rameaux peut se renouveler durant des siècles, même si la trogne est creuse.

A une époque lointaine avant l’emploi d’autres énergies et d’autres matériaux que le bois, avant les fourrages cultivés, les arbres et leur feuillage représentaient une richesse dont on n’a plus idée aujourd’hui. 

Les crues, les glaces, le piétinement, et surtout le broutage par les herbivores qu’ils soient sauvages ou domestiques abiment les jeunes rejets d’un taillis. S’ils mangent les rameaux au fur et à mesure de leur repousse, les arbres finissent par mourir, incapables de se régénérer. Avec la trogne, l’homme     invente le « taillis suspendu » ou « cépée aérienne », hors d’atteinte des herbivores, permettant la production de bois, de manche d’outils et de fourrage d’appoint pour le bétail…..

Connu sous divers noms, truisse, ragosse, trognard, têtards, les trognes font partis de notre paysage et participent à la richesse faunistique locale.